Lac Titicaca, entre Pérou et Bolivie

juin 20, 2014 dans Bolivie, Carnet de route, Pérou par Elise y Kévin

Nous ne pouvions rêver mieux que de terminer notre épopée péruvienne par le lac Titicaca ! D’abord parce que ses paysages sont fidèles à sa réputation, mais surtout parce que nous serons une nouvelle fois accueillis dans des familles où les moments de partage se sont multipliés !

Au rythme de la péninsule de Capachica
Luxe d’avoir le temps, nous commençons par explorer la péninsule de Capachica quand la majorité des voyageurs sont obligés de l’écarter pour donner la priorité aux îles du lac. Alfonso, créateur et président d’une association de tourisme rural, nous fera partager quelques moments de son quotidien et de celui de sa famille.
Nous tombons tout de suite sous le charme du rire de Yudith, sa petite fille de 11 ans, qui deviendra notre meilleure copine ! Elle nous entraîne dès le réveil dans des parties de volley endiablées (à 4000m d’altitude, on ne fait pas les malins !) et nous fait découvrir avec enthousiasme les plantes médicinales de son jardin. Nous sommes impressionnés par ses connaissances et sa maturité !

Avant la tombée de la nuit, nous embarquons pour une partie de pêche avec toute la famille. En temps normal c’est Yudith qui malgré le froid et le poids des rames prend le bateau et va poser les filets toute seule après l’école ! Le lendemain, le réveil sonne à 5h pour la relevée. La pêche nous paraît bien maigre au vue du temps et des efforts que cela demande mais semble plutôt bonne selon Alfonso : environ 3kg pêchés ! La notion de temps en terme de rentabilité est une pensée bien occidentale !!! Deux perches finiront dans notre assiette et le reste sera vendu ou échangé le matin même au marché.

A cette occasion, toute la famille a revêtu ses plus beaux habits. Yudith a ajouté des jupes brodées sous sa robe verte qu’elle porte tous les jours. Elle est fière de nous les montrer et les fera tourner et tourner pour que nous les admirions !!
Ce matin-là il souffle un vent glacial. Pour notre confort la famille souhaite que nous nous rendions au marché en combi quand eux s’y rendent en moto-remorque. Ils ont dû lire la déception sur nos visages et nous proposent finalement de sauter dans la remorque. Nous nous jetons un regard ravi : nous on veut faire tout comme eux ! On récupère les voisins sur la route et c’est parti pour 40 min sur les pistes de terre, aux premières loges pour admirer le paysage.
De retour du marché nous repartons avec le bateau de pêche d’Alfonso vers l’île de Tikonata pour une petite visite en sa compagnie. Puis, les adieux se feront sur les rives de l’île Amantani où une autre famille membre de l’association nous attend.

Le calme d’Amantani
Après presque deux heures de navigation ponctuées par de nombreuses sessions d’écopages, nous avons l’impression d’accoster clandestinement sur Amantani ! Henri, notre nouvel hôte, fait jouer le soleil sur un miroir pour nous indiquer au loin où amarrer. Il nous accueille les bras ouverts en costume traditionnel pour l’occasion.
Amanti sera pour nous l’exemple d’un tourisme aux impacts positifs. Sur cette île les familles vivent encore principalement de l’agriculture. Le tourisme, même s’il représente une source de revenu complémentaire non négligeable, n’a pas dénaturé l’environnement. Ici, pas d’hôtel, pas d’auberge, ce sont les familles qui à tour de rôle reçoivent les touristes. Nous sentons, en tout cas dans la famille qui nous a hébergés une réelle envie de nous faire découvrir leur culture, leur mode de vie et ça sonne juste ! Et comme ils sont aussi curieux que nous, c’est un échange parfait ! Les enfants sont ravis de glisser de nouveaux mots français dans les conversations et ils sont pleins d’enthousiasme face aux photos de nos familles et amis que nous avons ramenées dans nos bagages ! Il veulent tout savoir !
Henri et sa femme, Mari-Luz, nous expliqueront que sur l’île les différentes communautés sont partisanes d’une agriculture sans engrais chimique. Les variétés de légumes sont donc limitées à ce que la nature veut bien faire pousser (pommes de terre, quinoa, et fèves principalement) mais avec de l’imagination il est possible de faire varier les plaisirs et nous nous régalerons !
Enfin sur l’île c’est le summum du calme. Pas de voiture et de moto, tout se fait à pied ! Nous ferons donc le tour de l’île en marchant et nous assisterons à notre plus beau couché de soleil du haut des ruines de Pachapapa.
Après avoir repoussé notre départ plusieurs fois il fallait bien mettre les voiles vers les îles boliviennes voisines…

Premiers pas en Bolivie
Après Amantani, l’Isla del Sol côté bolivien nous paraît un peu fade… Mais nous profiterons largement des plages aux teintes caraïbes avec glaciers en toile de fond. Sur cette île le tourisme est la principale source de revenu et c’est dommage car ça se voit ! Le développement est beaucoup moins harmonieux, les maisons et les auberges se sont mises aux goûts des occidentaux au détriment de la culture locale. Nous n’avons pas ressenti la même énergie positive que sur Amantani. Après avoir posé la question à tout le port, pas de logement chez l’habitant. Tant pis, ce sera une auberge  quasiment les pieds dans l’eau : on est pas mal non plus :-)

Nous n’avons volontairement pas visité les si populaires îles flottantes comme celles des Uros. Nous avions un peu peur de nous retrouver dans un parc d’attraction (impression confirmée par plusieurs voyageurs rencontrés). Nous sommes certainement passés à coté de quelque chose de très esthétique et intéressant d’un point de vue historique mais on assume !

« Que laisse t-on quand on passe une frontière ? Chaque moment semble divisé en deux. La mélancolie pour ce qu’on laisse et l’excitation de pénétrer sur une terre nouvelle. »

Carnets de voyage (Diarios de motocicleta), Ernesto Che Guevara