Escale poétique et œnologique

octobre 31, 2014 dans Carnet de route, Chili par Elise y Kévin

Quitter le désert pour se rendre dans la région des lacs ce n’est pas moins de 2500km à parcourir. Un bon prétexte pour une escale dans la poétique Valparaiso et quelques dégustations au cœur du vignoble chilien.

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Bienvenue à « Valpo » !
Nous attendions beaucoup de Valparaiso. Décrite comme mystérieuse, bohème, étonnante et poétique elle avait tout pour nous séduire. Mais, comme un rendez-vous manqué, nous la quittons avec le sentiment d’être passés à côté de quelque-chose. Peut-être ne sommes nous pas restés suffisamment longtemps, peut-être n’étions nous pas au bon endroit au bon moment… Il faut dire que trouver un bivouac n’a pas été chose facile et qu’après un mois dans le désert bercés par le silence, nous sentons pour la première fois un retour en ville un peu difficile, même pour Elise la citadine ! Nous avons pris le rythme préféré de Kévin qui n’est certainement pas celui de Valparaiso et lorsque nous commençons à arpenter les rues, la ville est encore endormie !
Il n’en reste pas moins que Valparaiso est unique en son genre. Ville portuaire surplombant l’océan Pacifique, ses maisons colorées de bois et de taules en équilibre précaire sur les collines donnent le vertige. Véritable musée à ciel ouvert, le moindre recoin de l’espace urbain est prétexte au dessin ou à la poésie. Nous découvrons ces œuvres au hasard des nombreux escaliers qui mènent sur les hauteurs de la ville. Et, lorsqu’après une journée de marche la fatigue se fait sentir les funiculaires centenaires sont là pour prolonger le voyage.

Route des poètes et des vins
Valparaiso occupe une place particulière dans le cœur des artistes chiliens et de Pablo Neruda en particulier. Du haut de sa célèbre maison, La Sebastania, le poète s’était offert une vue privilégiée sur la ville aux milles couleurs. Après la lecture de ses mémoires, la visite de cette maison et de celle de l’Isla Negra nous embarquera encore plus loin dans l’univers de ce globe-trotteur collectionneur.
La route des poètes se poursuivra par celle des vins dans la vallée de Colchagua. Dès les premiers kilomètres de gigantesques panneaux publicitaires pour insecticides, herbicides et industries biotechnologiques pullulent. Le ton est donné, une exploitation viticole au Chili c’est en moyenne trois millions de bouteilles par an. Ce n’est pas vraiment le pays du terroir et de la tradition. Nous chercherons une exploitation à taille humaine pour échanger avec les vignerons chiliens mais en vain. Il s’agit plutôt de grosses industries bien rodées et sur-marketées !
Les campagnes traversées sont moins dépaysantes que le désert d’Atacama mais avec leurs airs de Chili d’antan elles ont un certain charme. Quand ils quittent leurs gros 4×4, les hommes se baladent à cheval coiffés de leur chupalla le sombrero traditionnel ou s’entrainent au rodéo.
Côté bivouac, notre coup de cœur est sans hésiter le club de polo et la gentillesse de son gérant Don Nelson ! Nous ne demandions qu’un emplacement pour dormir, mais c’était sans compter l’accueil chilien. Nous avons non seulement le droit à un petit déjeuner de luxe (pan amasado et jamon del campo) mais aussi à une longue ballade à cheval au réveil !

A bientôt pour une semaine sportive dans la région des lacs !
Un abrazo, don Kévin y doña Elise